Les licenciements aux États-Unis auront des effets « catastrophiques » sur les Grands Lacs
Des scientifiques canadiens sonnent l'alarme sur les répercussions des licenciements massifs aux États-Unis sur l’étude des Grands Lacs. Après le licenciement de centaines de personnes au sein de l’Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), des scientifiques canadiens avertissent que ces mises à pied auront des effets Parmi les employés touchés par la récente vague de suppression de postes par le département américain de l’efficacité gouvernementale (DOGE), dirigé par le milliardaire Elon Musk, figurent des techniciens qui collaborent avec des scientifiques canadiens pour surveiller la qualité de l’eau et les niveaux des lacs. Les scientifiques canadiens, qui ont une longue tradition de collaboration avec leurs homologues américains, craignent que cette situation ne compromette, notamment, la surveillance de la potabilité de l’eau. Jérôme Marty est le directeur général de l'Association internationale de recherche sur les Grands Lacs. Photo : Radio-Canada / Benoît Livernoche On ne fait pas une chose d’un côté de la frontière et pas de l’autre. Tout est coordonné. Plusieurs organisations canadiennes et américaines qui étudient et surveillent les Grands Lacs travaillent en partenariat pour compiler leurs résultats, explique Mike McKay, directeur de l’Institut de recherche environnementale des Grands Lacs à Windsor. Les scientifiques des deux pays collaborent également sur des recherches liées aux espèces envahissantes, à la prévention des inondations et aux changements climatiques. Avec moins de scientifiques américains, Jérôme Marty souligne que cela entraînera deux problèmes majeurs pour les Grands Lacs : un suivi réduit des algues bleu-vert et une augmentation des populations de lamproies marines. Chaque printemps, des proliférations d’algues bleu-vert apparaissent dans certaines parties des Grands Lacs, explique Marty. Celles-ci peuvent devenir toxiques pour les humains et les animaux qui entrent en contact avec l’eau ou la consomment. Les chercheurs des États-Unis et du Canada surveillent ensemble les niveaux d’algues dans les lacs afin de décider des restrictions d’accès aux plages et à l’eau potable. L'état du lac Érié représente un grand défi de gestion entre le Canada et les États-Unis. Difficile de conjuguer le développement économique, les politiques de deux pays avec la protection environnementale pour l'eau.
Photo : Shutterstock Ils suivent également de près les lamproies marines, une espèce envahissante qui, selon M. Marty, a causé des dégâts à plus de 80 % des poissons indigènes dans certains lacs, affectant ainsi les pêcheries. Pour limiter leur prolifération, des techniciens appliquent chaque printemps un produit chimique dans les cours d’eau afin d’éliminer les larves avant leur maturation. Il y a des choses que nous ignorons, mais je garantis que si nous interrompons la surveillance et la gestion des Grands Lacs, cela entraînera une catastrophe ayant un impact sur les populations humaines. M. Marty appelle les politiciens américains à s’opposer aux suppressions de postes, en particulier dans les municipalités qui dépendent des lacs pour leur approvisionnement en eau potable. De son côté, M. McKay pense qu’il s’agit aussi d’une occasion pour le Canada de renforcer son rôle. Cela s’inscrit dans une réflexion plus large sur la nécessité pour le Canada de réduire sa dépendance envers les États-Unis. L’an dernier, le gouvernement fédéral canadien a promis 76 millions de dollars pour soutenir 50 projets visant à restaurer les cours d’eau et les zones côtières des Grands Lacs, une initiative que M. McKay considère comme un bon début. Les scientifiques insistent sur le fait que la gestion des lacs dépasse les frontières nationales. Avec les informations de Kendra Seguin, de CBCcatastrophiques
sur les Grands Lacs.Une participation égale
C'est une mission qui nécessite une participation égale et constante des deux côtés
, estime Jérôme Marty, directeur général de l’Association internationale pour la recherche sur les Grands Lacs et professeur à l’Université d’Ottawa.
Tout ce que nous faisons en matière de gestion des Grands Lacs est binational
, ajoute-t-il.Une coopération transfrontalière essentielle
Cela met en lumière notre dépendance excessive à certains programmes de la NOAA
, estime M. McKay, dont les travaux reposent sur une collaboration avec les garde-côtes américains pour collecter des échantillons de qualité de l’eau et surveiller les conditions de glace sur les lacs.Dans le Sud-Ouest de l’Ontario, nous sommes entourés par les Grands Lacs de trois côtés – c'est notre monde
, ajoute Pat Donnelly, cofondateur du Lake Huron Coastal Centre, soulignant que les lacs constituent une source d’eau potable, de moyens de subsistance et de loisirs.Des menaces moins surveillées

Ce n’est pas un principe de précaution. Nous le faisons parce que des catastrophes se sont déjà produites
, explique le scientifique, rappelant une recrudescence des lamproies marines pendant la pandémie, lorsque les chercheurs étaient moins présents sur le terrain.Les scientifiques demandent un soutien accru des deux gouvernements
L’administration Trump rêve d'un mur à la frontière avec le Mexique, mais nous ne pouvons pas construire un mur dans les Grands Lacs
, conclut Jérôme Marty.
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